L’ancien footballeur explique que l’association qu’il dirige veut alléger la charge de l’Etat. Il pense que l’époque où cette entité subvenait à la quasi-totalité de ses besoins est révolue.
Samuel Eto’o annonce un important changement. Lors d’un récent échange avec le public à Yaoundé, le président de la Fédération Camerounaise de football (FECAFOOT) a fait savoir que celle-ci prenait désormais en charge les salaires de tous les sélectionneurs des équipes nationales de football du Cameroun. L’ancien footballeur dit vouloir alléger la charge de l’Etat. L’association veut aussi montrer qu’elle commence à avoir les moyens de se prendre en charge.
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« Quand nous sommes arrivés à la tête de Fédération Camerounaise de Football après 26 ans de carrière, j’ai vu comment les autres faisaient. Je me suis dit : « ce n’est pas possible. Nous ne pouvons pas continuer comme cela… Avec ce modèle économique où nous allons tout le temps vers l’Etat. Demander à l’Etat de payer toutes les dépenses des équipes nationales ». Cela veut dire que je n’ai pas réussi à changer quelque chose. Mais pour cela il me fallait du temps pour changer. Nous avons commencé à changer. Prenons par exemple les salaires de tous les sélectionneurs. C’est nous qui les payons aujourd’hui! Pas parce que nous nous opposons à l’Etat. Mais parce que nous sommes Camerounais et nous croyons à l’Etat. Mais c’est aussi une façon pour nous de dire à l’Etat : « vous avez suffisamment fait. Permettez-nous de vous montrer que nous avons grandi. Parce que vous nous avez accompagnés pendant un moment de nos vis. Nous avons réussi dans un autre domaine et nous allons essayer de nous prendre en charge », explique le triple champion d’Europe des clubs. Dans ce sillage, Eto’o Fils se défend de toute hostilité envers l’Etat ou ses représentants.
« Les gens que le chef de l’Etat choisit peuvent se tromper »
L’ex attaquant vedette justifie certains de ses actes. « Vous avez vu tous les problèmes que notre façon de voir les choses a engendrés ? Mais nous avons tenu bon. Certains disaient : « il s’oppose à l’Etat ». Mais l’Etat c’est qui ? L’Etat c’est vous, c’est moi. C’est ceux qui ont la confiance du chef de l’Etat pour gérer ces missions. Parce que ça, il faut bien le comprendre. C’est un honneur pour tous ces ministres d’être choisis par le chef pour gérer ces missions. Parce que le seul élu là, c’est le chef. Et le chef dit : « comme je ne peux pas être là-bas, je vais prendre ces gens qui vont faire ceci », décrit le bouillant dirigeant sportif.
Pour lui, si l’on en est arrivé à des situations déplorables, c’est à cause de faiblesses inhérentes au genre humain. « Ce sont des humains comme vous et moi. Ces gens aussi peuvent se tromper ! Comme nous, nous nous trompons. Alors, est-ce que si jamais un responsable se trompe, vous allez laisser qu’il continue à se tromper ? Parce que, au final, vous êtes complices. Parce que vous serez complices demain de l’échec. On ne dira pas « Eto’o ou tel ministre ». On dira plutôt « Ah, c’est toujours le Cameroun ». Le chef de l’Etat a confié une mission à quelqu’un. 84 ou 86 personnes m’ont confié une mission sur la base d’un programme que j’ai présenté. », argumente l’ancien buteur.


