Après une exclusion en compagnie d’autres coéquipières de la sélection U20 au début du mois de Février, Lys Fraiche Tiwa publie mercredi 25 Février une lettre ouverte dans laquelle elle regrette l’acte posé il y a 4 mois.
Près de quatre semaines après sa mise à l’écart de l’équipe nationale féminine de football des moins de 20 ans, Lys Fraiche Tiwa parle. La meilleure buteuse prend la parole pour présenter des excuses. Sur son compte Facebook, elle publie le mercredi 25 Février une lettre ouverte. La meilleure buteuse de la Guinness Super League la saison écoulée (22 buts) l’adresse notamment à Samuel Eto’o. Voici le texte intégral de cette publication.
« À toute la nation camerounaise, à mon cher Papa Samuel Eto’o le président de la FECAFOOT, et à vous, chers passionnés de notre football,
Je prends la parole aujourd’hui le cœur lourd, mais avec une profonde volonté de sincérité.
Il y a quelque temps, j’ai manifesté publiquement pour le maintien d’un entraîneur malgré la décision de suspension prise par notre Fédération.
Avec le recul, je réalise que mon action a manqué de discernement et a porté atteinte à la discipline sportive et au respect des institutions que j’aime tant.
Je regrette amèrement cet acte qui a eu des répercussions douloureuses sur ma carrière.
Je présente mes excuses les plus sincères au peuple camerounais, aux dirigeants de la Fédération et à tous les supporters.
Mon seul souhait est désormais de retrouver la paix et de continuer à servir, à ma place, les couleurs du Cameroun. »
Coupe du Monde U17 Maroc 2025
Pour mémoire, courant Octobre 2025, les joueuses de l’équipe nationale cadette participant à la Coupe du Monde au Maroc prennent la parole. Elles apportent leur soutien à l’ex sélectionneur Jospeh Ndoko sur qui pèsent des accusations de pratiques immorales qui lui valent une suspension. Après une convocation régulière chez les moins de 20 ans, Tiwa et 5 autres joueuses sont contraintes de quitter le groupe. Nous sommes alors à 2 jours du match éliminatoire de Coupe du Monde qui doit opposer le Cameroun au Botswana. Pas d’explication claire du sélectionneur Hassan Balla.
Certains y voient la main du président de la Fédération Camerounaise de Football. Ceux-là soutiennent que Samuel Eto’o Fils n’aurait pas aimé la revendication des exclues lors du Mondial U17. Commentant la sortie de Lys Fraiche Tiwa jeudi, le média digital CFOOT écrit que la footballeuse a agi sous la contrainte. « La sortie de Lys Fraîche Tiwa hier sur sa page Facebook porte clairement en elle, les gênes d’une communication hâtive, dégingandée, tourmentée et forcée », soutient son journaliste Alain Denis Ikoul.
Ci-dessous, de larges extraits de son argumentaire
« D’un point de vue strictement synchronique, les excuses de Lys Fraîche Tiwa pourraient s’apparenter à une confession sincère. L’on ne saurait donc en vouloir à la jeune footballeuse, car dit-on : « faute avouée à moitié pardonnée ». Or que NON ! À la réalité, une observation diachronique des faits laisse clairement entrevoir le contraire : la communication de Fraîche Tiwa est consécutive à un chantage inexprimé et des caprices implicites, avec en toile de fond le ballon d’Or féminin. La situation sonne comme une sorte de : « Si tu ne demandes pas des excuses publiques « au seigneur », tu ne gagneras pas ce Ballon d’Or que tu mérites pourtant ». Plusieurs raisons expliquent ce postulat.
️ D’abord le timings : Nous sommes à moins de 72 heures de la cérémonie du ballon d’or camerounais, Fraîche Tiwa est nominée, et sportivement, elle n’a pas de concurrente, car ses statistiques sont exceptionnelles et largement au dessus de la mêlée. Les faits pour lesquels elle demande des excuses publiques aujourd’hui, remontent au début du mois d’octobre 2025, soit plus de 21 semaines déjà.
Entre temps la joueuse avait été écartée (par la fédération) de la sélection U20 avec 5 de ses camarades le 7 février dernier, sans aucune explication. Des sources au sein de la fédération indiquent que cette mise à l’écart était en rapport avec les événements d’Octobre (on vous explique plus bas), car toutes les joueuses écartées étaient de l’expédition des U17 en octobre. Pourquoi c’est à 72 heures de la cérémonie du ballon d’or que l’on pense à des excuses ? Pourquoi pas le 8 février au lendemain de la mise à l’écart du groupe des U20 ? C’est trop flagrant.
« .(..) sa carte personnelle pour sauver son ballon d’Or ».
️ Ensuite la non collégialité dans la demande d’excuses : La situation pour laquelle les excuses publiques sont demandées était une revendication de groupe. 26 joueuses se sont réunies, et ont décidé de faire une vidéo en toute humilité pour demander le retour de leur entraîneur. Les 26 joueuses ont toute au même moment répété les mêmes paroles: la responsabilité ici est donc collective, car chaque joueuse a apporté sa caution à la revendication dans une seule vidéo. Dans un environnement normal, les excuses doivent être l’émanation de la volonté du groupe, au risque de sonner comme une trahison. Les coéquipières de Fraîche Tiwa ont aujourd’hui le droit de se sentir trahies par leur capitaine qui est allée demander des excuses individuellement, sans le consentement de ses partenaires qu’en plus elle ne cite nulle part dans sa sortie. D’ailleurs l’usage répétitif de la première personne du singulier (je) trahit le délaissement de ses partenaires : elle joue donc sa carte personnelle pour sauver son ballon d’Or. ON NE SAURAIT LUI EN VOULOIR, mais on a le droit de regretter que l’on puisse réduire une enfant à ce type de ridicule: c’est une humiliation.
️ Enfin, les destinataires de son message : c’est à peine voilé que le message de la serial buteuse s’adresse à une personne en particulier, cette personne dont dépend son ballon d’or. La lettre de mise à l’écart du coach avait été signée par le secrétaire Général de la Federation. Cela suppose que les excuses, à défaut de les adresser au SG, devraient en priorité être adressées à LA FEDERATION (l’institution), en plus du peuple camerounais comme cela a été fait. Le message de Fraîche Tiwa sonne comme un assujettissement à celui qui partage les morceaux de viande. La dignité de la petite a ainsi été sacrifiée par les maîtres chanteurs, sur l’autel d’une distinction individuelle, d’un trophée. Si vous ne faites pas allégeance à celui qui distribue la viande, vous mourrez de faim (…). »


