Le « Gala des pionnières », un événement prévu le 9 Août à Douala, est destiné à faire entendre leurs voix et constituer le point de départ d’un regroupement solidaire.
Les plus anciennes de toutes les footballeuses camerounaises n’ont pas le moral. Elles se sentent abandonnées, méprisées et sont démunies. Ces pionnières ont crié leur mal-être au cours d’une conférence de presse le 1er Août à Douala. C’est leur cadette Amélie Ndjib Ngo Baleba qui les a réunis à l’occasion de la présentation du « gala des pionnières ».
L’ex internationale camerounaise organise le 9 Août, un match de gala au stade Tecno Marion, à Douala 3ème. Environ une centaine de footballeuses à la retraite venues de tous les coins du pays y sont attendues. L’Agence Amélian Sport que dirige Amélie Ndjib Ngo Baleba a prévu un dispositif sanitaire. L’on verra sur place une ambiance médicalisée. Les pionnières vont bénéficier de tests de dépistage gratuits du cancer du sein, du diabète et de l’hypertension artérielle.
Plaidoyer
Le mouvement qui veut sortir les anciennes footballeuses de l’anonymat va permettre la rencontre et le rassemblement des footballeuses. C’est une opération de restauration de la dignité qui commence. « Il s’agit de revendiquer auprès de nos institutions, leur dire qu’il y a des générations qui ont été oubliées. Si aujourd’hui, le football féminin est en pleine lumière, c’est parce qu’il y eu des sacrifices au départ. Que ces filles exposent ce qu’elles font pour que le monde sache qu’elles ne sont pas restées abattues, qu’elles se débrouillent, font quelque chose. Nous voulons qu’elles soient accompagnées. Je voudrais qu’on entende nos voix, qu’on écoute nos cris. Car nous souffrons énormément », déclare Amélie Ndjib Ngo Baleba.
« Nous aurions aimé recevoir quelque chose de la CNPS comme les hommes. Nous sommes abandonnées à nous-mêmes et n’avons rien. Qu’on nous aide. Qu’on ne nous oublie pas maintenant que les choses ont évolué », revendique Gertrude Ngo Mahop, une dame qui a commencé à jouer au football en 1978. Choral Machengue « Kunde », membre de la toute première sélection féminine du Cameroun réclame des soins. « Nous souffrons de maladies liées à notre âge avancé, que l’on nous prenne au moins en charge. Quand l’actuel président de la FECAFOOT a été élu, il nous a demandé d’apporter nos dossiers médicaux afin qu’un médecin s’occupe de nous, mais il n’y a pas eu de suite », se plaint l’ancienne défenseure.


