Joseph Antoine Bell réagit au sacre des Lionnes Indomptables. L’ancien gardien de buts du Cameroun a commenté la victoire historique de ses jeunes compatriotes à la 16e édition de la Coupe d’Afrique des Nations de football féminin. Le double champion d’Afrique avec les Lions Indomptables répondait aux questions de la BBC (British Broadcasting Corporation). Il a également parle de l’évolution du football féminin sur place au Cameroun.
Nous allons nous concentrer sur le thème de la Coupe des Nations, car c’est l’heure de la célébration pour le Cameroun, après être devenu le nouveau champion du tournoi. L’une des meilleures joueuses du tournoi a été la gardienne de but, Michaely Bihina, âgée de seulement 22 ans. Grâce notamment à ses arrêts, elle a permis aux Lionnes de décrocher leur premier trophée de la WAFCON. Elles se sont qualifiées pour la Coupe du monde de l’année prochaine au Brésil. Je suis maintenant accompagné du légendaire gardien de but camerounais, Joseph-Antoine Bell, considéré comme l’un des meilleurs gardiens d’Afrique. Joseph-Antoine, j’aimerais vous poser une question au sujet de la gardienne Michaely Bihina, puisque c’est votre domaine d’expertise. Comment évaluez-vous son niveau en tant que gardienne de but du Cameroun ?
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Je pense que Michaely a réalisé quelque chose d’énorme, une performance exceptionnelle, vraiment remarquable. Et rappelez-vous qu’elle n’a que 22 ans. Cela signifie que ce que nous avons vu peut nous amener à penser que le Cameroun a résolu le problème du gardien de but, chez les femmes, pour au moins les quinze prochaines années. Elle va être un élément formidable de l’équipe. Et c’est exactement ce qui s’est passé. Elle a été l’une des clés de la victoire. Elle a tout fait parfaitement, absolument tout. Quand vous n’encaissez qu’un seul but en six matchs, vous aidez votre équipe à développer une énorme confiance en elle. Je sais que les adversaires étaient déjà effrayés. Ils avaient probablement déjà perdu une partie de leur concentration lorsqu’ils devaient jouer contre elle.
Parlez-nous de l’équipe dans son ensemble. Que signifient cette performance et cette victoire pour les Camerounais ?
C’est incroyable. Si vous vous souvenez, un mois avant la compétition, elles n’avaient même pas de sélectionneur. Puis ce nouvel entraîneur est arrivé et a fait ce qu’il a fait. C’est un très bon entraîneur. Parce qu’en un mois, avec une équipe qui n’était même pas qualifiée, il a réussi à construire une équipe dans laquelle les joueuses avaient confiance en elles et savaient ce qu’elles avaient à faire. Il a commencé par construire une équipe qui ne permettrait pas à ses adversaires de marquer. Et c’est là que Bihina les a vraiment aidées à devenir encore plus solides. Et je pense que la finale a été le match le plus facile qu’elles aient eu à jouer.
C’est drôle comme ça fonctionne, n’est-ce pas ?
Oui.
C’est drôle comme ça fonctionne. La finale a tendance à être le match le plus facile.
Oui, c’est ça. Un bon départ les aidera.
J’aimerais vous demander, Joseph-Antoine, ce que vous pensez du football féminin au Cameroun et de la direction que ce sport pourrait prendre dans votre pays.
Je l’espère. J’espère que cela aidera toutes les équipes. Cela les aidera à progresser. Parce que, si je peux me permettre de le dire, le football féminin au Cameroun est aujourd’hui meilleur que le football masculin. Vous savez, je suis président du conseil d’administration de l’office qui gère les infrastructures sportives publiques. Et ce que je vois dans le championnat féminin, c’est qu’elles sont plus performantes que les hommes. Elles peuvent atteindre leurs objectifs plus rapidement que les hommes. Cela va les encourager à continuer à travailler encore plus dur. Elles ne sont pas aussi organisées que les Marocaines ou même les Égyptiennes. Mais ce qu’elles font ici est meilleur que ce que font les hommes. Et ce que le président de la République a fait, c’est de leur accorder les mêmes primes qu’aux hommes. Et c’était merveilleux. C’est quelque chose qui ne se produit pas tout le temps. Cela ne s’était même jamais produit auparavant, et ce n’est pas le cas dans les autres pays. Je pense que cela va aider le football féminin au Cameroun. Elles auront davantage de sponsors et elles vont continuer à progresser et à prendre de l’expérience.


