Suite à l’annonce de poursuites judiciaires contre le président de la FECAFOOT Samuel Eto’o Fils fait par l’Association des Clubs de Football Amateurs du Cameroun (ACFAC), Equinoxe Télévision est allé à la rencontre de son président d’honneur Abdouraman Hamadou Babba pour en savoir davantage et s’informer sur les motivations de cette action. Le programme « Entretien » constituait le cadre de l’échange. Nous vous proposons de larges extraits.
« Samuel Eto’o nous a exclus »
« Aujourd’hui, nous ne pouvons pas jouer tout simplement. Parce que le président de la FECAFOOT a décidé de priver une centaine de clubs membres de l’ACFAC de licences. Chaque année, on s’affilie, on paye les licences, mais on n’a jamais de licences. Et sur le terrain, on nous exige des licences. En réalité, il nous a exclus sans prendre des décisions. Ce qui nous a empêchés d’aller devant les juridictions. On s’est adressés à la FIFA, à la CAF. Ils nous ont dit que ce sont des problèmes internes. A un moment donné, on le regarde faire. Parce qu’un président de fédération devrait se battre pour avoir un plus grand nombre de licenciés. S’il exclut une centaine de clubs membres de l’ACFAC, parce qu’il a choisi tous ceux qui sont devant…Il faut savoir que l’ACFAC c’est à peu près 500 clubs. Donc tous les dirigeants à quelque niveau que ce soit. Il a trié nos clubs et au service des licences de la FECAFOOT, il y a une liste des clubs qui n’auront jamais sous le magistère de monsieur Samuel Eto’o, des licences. Donc qui ne joueront pas. Nous encadrons des jeunes, mais nous ne prenons pas part aux compétitions organisées par la FECAFOOT »
« Le football camerounais, ce ne sont pas les faux Ballons d’or »
« Monsieur Eto’o a connu le football camerounais il y a 30 ans. Il était mieux encadré qu’aujourd’hui. Le football fonctionnait mieux au Cameroun il y a 30 ans. Lui, il était jeune ! La chance qu’il a eue, il n’a pas voulu donner cette chance aux jeunes actuellement. Il les a privés de leur avenir. On peut dire qu’il est en train de leur voler leur avenir. Le football camerounais, ce ne sont pas les paillettes qu’on voit. Ce ne sont pas les Miss Cameroun. Ce ne sont pas les faux Ballon d’or qu’on a, des événements culturels qu’on organise ou des gens qu’on reçoit dans un siège de la FECAFOOT qui en réalité fonctionne à 20% de sa capacité fonctionnelle ! On arrive à l’oublier, le coeur de l’activité de la fédération camerounaise de football, c’est le développement du football, son organisation à l’échelon national »
« Eto’o peut en faire du football ce qu’il veut tant qu’il soutient le président Paul Biya »
« On voit bien que quand monsieur Eto’o soutient monsieur Biya, il y a une contrepartie. Aujourd’hui, on voit bien que cette contrepartie c’est le football camerounais. C’est-à-dire qu’on lui a donné le football. Il peut en faire ce qu’il veut tant qu’il soutient le président. Et lui, il en fait ce qu’il veut ! Parce qu’il faut quand même être gonflé pour mettre l’agent du football camerounais dans son compte. Cette idée ne pouvait même pas effleurer notre esprit. Mais jusqu’où les autorités peuvent tenir ? Parce que là elles sont dos au mur. Est-ce que vraiment on est un Etat ? Si on est un Etat et qu’on n’est pas un Etat voyou, on ne peut pas laisser passer une situation comme celle-ci. Parce qu’on a beau supputer sur le reste, les présomptions, mais là nous avons une preuve qui n’est pas discutée. Ni par la Fédération, ni par qui que ce soit ! Il y a de l’argent de la FECAFOOT qui est allé vers le compte de monsieur Samuel Eto’o ! Et cet argent n’est jamais revenu à la Fédération Camerounaise de Football ! Alors, si l’Etat ne réagit pas après ça, mais écoutez, c’est vrai qu’au Cameroun, on a tout vu, mais ce sera un autre palier. On a touché le fond. On va maintenant forer peut-être pour trouver du pétrole ».
« Samuel Eto’o n’est même pas membre de la FECAFOOT. On l’a parachuté »
« Qui peut donner l’autorisation à quelqu’un de violer la loi ? Monsieur Biya peut-il donner l’autorisation à un de ses ministres ou je ne sais plus à qui, de violer la loi ? Ou bien le ministre de la justice peut dire : « bon monsieur le président de la République, vous êtes au-dessus de la loi,, ou au-dessus des lois. Violez la loi pare que vous êtes président » ? Les statuts de la FECAFOOT sont au-dessus de tous les membres de la FECAFIOOT. Monsieur Samuel Eto’o n’est même pas membre de la FECAFOOT. Il n’a jamais été président de club. Il n’a jamais eu un club à lui, qu’il a dirigé ou qu’il a géré. On l’a parachuté. On l’a pris pour mettre à la tête de la FECAFOOT. Pour gérer les biens de la FECAFOOT. Il a été joueur, mais il n’a jamais été associé de la FECAFOOT. Aujourd’hui, on a les clubs qui sont propriétaires de la FECAFOOT qui se lèvent ».
« Eto’o a fait dire aux gens que je lui aurais demandé de l’argent »
« Je n’ai jamais été un soutien de Samuel Eto’o. Bien sûr, on a cheminé. Je peux même dire que c’est mon frère. Mais est-ce que c’est une raison ? Je l’ai vu venir à l’équipe nationale avant qu’ne soit le Samuel Eto’o qu’on a connu. Je l’ai vu grandir professionnellement. Je l’ai vu devenir ce qu’il est devenu. J’étais son dirigeant à la FECAFOOT. Je suis arrivé à la FECAFOIT en 2000. Samuel Eto’o état encire au banc des Lions Indomptables. On a partagé beaucoup de choses. Cette vision du football camerounais, on en parlait jusqu’à deux heures du matin. Je suis étonné que ce soit lui qui arrive à la tête du football et qui se comporte de cette manière-là. Pare que quand il a voulu se présenter, il est venu me voir à la maison. On en a parlé. Et quand il a gagné, i est venu me voir pour me dire : « grand frère, je voudrais que tu me donnes des conseils. Je voudrais ceci, je voudrais cela. Je leur ai dit que « je suis là ». J’ai essayé de parler à tous les autres. Je leur ai dit : « on calme le jeu, on lui donne une chance ». Mais il n’a pas su la saisir. Ça c’est une autre histoire. On a parlé d’argent, Je lui ai dit que je ne lui ai jamais demandé de l’argent. C’est aussi peut-être l’une des erreurs qui a créé cette cassure. Parce qu’il a fait dire aux gens que je lui aurais demandé de l’argent. Il ne ‘a pas dit publiquement, mais des gens m’ont rapporté cela. Et ce que ces gens-là disaient était crédible. A partir de là, j’ai dit : « écoutez, quand vos touchez à mon honorabilité, je ne suis plus là. Je l’ai laissé avancer. Je n’ai jamais été associé à monsieur Eto’o, président de la FECAFOOT, ni de près, ni de loin. D’aucune manière que ce soit. Je pense qu’il faut que monsieur Samuel Eto’o quitte ses charges à la FECAFOOT ou bien qu’il soit suspendu ou démis de ses fonctions si nous fonctionnons comme dans un Etat ».


