Le président de l’ACEEF (Association Camerounaise des Entraineurs et Educateurs de Football) a supervisé le processus de renouvellement des exécutifs dans les ligues régionales. Il réaffirme la nécessité de construire une association forte et solidaire.
Quel bilan faites-vous du processus électoral que vous venez de conduire dans les régions ?
Je trouve qu’il y a une forte mobilisation. Les gens ont pris finalement conscience que c’était important déjà d’exister dans les régions. Vous allez remarquer que tous les présidents des ligues régionales sont désormais très fermes quant au contrôle des activités du football dans leurs régions. Il était important qu’ils soient au courant et au fait de ce qui se passe. Vous avez vu que des commissions électorales dans les régions sont pilotées par les présidents des ligues régionales. Désormais, nous sommes là, nous existons. Nous sommes fondamentalement assimilés à la gestion du football dans les différentes régions. Une force va exister. Une proximité qui va faire que l’ACEEF soit de plus en plus puissante dans les différentes régions.
Comment l’ACEEF entend-t-elle faire émerger l’entraineur ?
L’entraineur a ses droits, ses prérogatives qui sont là. Même s’ils sont bafoués ici ou là. Mais c’est au niveau de la base que les choses vont se déclencher. Il faut déjà qu’on se prenne au sérieux, qu’on soit acceptés par l’exécutif régional en ce qui concerne le football et on défend les intérêts des entraineurs. Vous avez entendu parler de cette commission de veille qui va être mise sur pied pour pouvoir contrôler les bancs de touche des différentes équipes. Que ce soit au niveau de MTN Elite One, Mtn Elite Two, mais des régions et des départements. Pour que l’entraineur qui est assis sur le banc soit celui qui mérite et qui a le droit de s’y trouver.
Parce que c’était pratiquement un fourre-tout que l’on regardait de loin sans pouvoir intervenir. Désormais, ce ne sera plus pareil. Nous serons nous-mêmes le gendarme des bancs de touche qui devraient être dirigés par des entraineurs habilités ou bien qualifiés pour occuper ces bancs de touches-là. C’est déjà cela en dehors de la Mutuelle qui devrait se mettre en place pour que les entraineurs comprennent qu’ensemble on peut bâtir quelque chose de costaud, de solide pour pouvoir assister ceux d’entre nous qui sont dans la détresse. Plutôt que d’assister à des cotisations des 100-100, 1000-1000 Francs qui n’honorent pas l’entraineur.
Comment cela va-t-il se faire ?
Si on veut être pris au sérieux, il faut déjà que nous, dans notre organisation, dégageons quelque chose de fort, de consolidé, de bien organisé. Ce qui n’était pas le cas jusqu’à présent. Dans plusieurs régions, les entraineurs ou éducateurs sont pris en charge pour essayer à leur manière de le faire. J’ai été vraiment remarquablement secoué par ce qui se passe dans le Nord-Ouest. Ils ont une organisation forte qui gère les entraineurs et les éducateurs. Ce qui fait en sorte que, eux, là-bas, n’ont pas d’inquiétude première. Mais quand vous allez monter sur le plan national où le nombre des membres peut monter à 800, l’assiette pèse. Ce qui fait que désormais, un entraineur qui a des problèmes peut être soutenu par 800 entraineurs. Supposez à la limite qu’un entraineur ou son conjoint qui décède, a 700 mille le même jour ou le lendemain…Vous ne verrez cela nulle part. C’est déjà un départ de quelque chose qui sera solide.
Mais je répète que ce ne sera pas géré par les entraineurs. Quand vous mettez une mutuelle de cet ordre-là, c’est géré par un corps indépendant qui est contrôlé par la Fédération et les chiffres propres pour que ce soit potable et que les entraineurs y croient. Tous sont dans les associations quelque part : de villages, de régions, ou de famille. Et on voit l’importance de ce que c’est que l’assistance. Nous voulons faire en sorte qu’ils soient déjà très actifs dans les régions pour sensibiliser les éducateurs disséminés ici et là. Aujourd’hui, le chiffre que nous avons sur le plan national n’atteint pas 300. Mais on peut atteindre 1000. J’ai vu au Sud qu’ils n’ont pas d’entraineurs formés. Personne ne veut se former lorsqu’il y a des stages. Donc ce sont des entraineurs non qualifiés qui sont sur les bancs de touche. Cela va être modifié. Ils seront obligés d’aller en formation pour pouvoir mériter les places qu’ils occupent.


