Venus de tous les coins du Cameroun, ces basketteurs âgés de 13 à 17 ans ont bouclé le 8 Août à Douala, la 5ème édition du camp Viision C, organisé par l’ancien basketteur camerounais avec l’appui d’entreprises du Groupe Kadji et de la Fondation Fua Toula Kadji Defosso.
Samedi 8 Août 2026. C’est le début de la matinée et il pleut sur la ville de Douala. La pluie n’épargne pas Akwa, le grand quartier-centre commercial de la capitale économique du Cameroun. Les gouttes tombent sur la toiture du gymnase du collège De La Salle, situé dans le coin, sans perturber l’engagement de la centaine de jeunes basketteurs qui y bouclent la 5ème édition du camp de basket-ball baptisé Vision C. Le Groupe Kadji via certains de ses produits, la Fondation Fua Toula Kadji Defosso accompagnent pour la troisième fois le promoteur Steve Tchiengang.

L’ancien basketteur camerounais aujourd’hui membre du staff technique du club de NBA Bolton Celtics partage à sa façon son vécu et ses connaissances. « En tant que Camerounais qui a eu des opportunités, qui a pu avancer de manière parlante, je me dois de revenir au Cameroun et donner cet espoir et diriger les jeunes dans la bonne direction », explique-t—il. Ce samedi comme les jours précédents, l’ex sélectionneur des U19 camerounais est au four et au moulin. Il organise et supervise toutes les activités au programme de cette ultime journée.
Epreuves
Tous les 100 participants au camp sont sur le parquet. Ils s’échauffent Chacun d’eux le fait pendant trois minutes. Place ensuite aux finales. C’est la suite des compétitions organisées depuis le début du camp le 4 Août. Deux équipes de filles et deux formatons constituées de garçons s’affrontent. Il y a du spectacle. Le public constitué de parents, techniciens et autres fans de basket massé autour du terrain autant que les autres jeunes basketteurs vibrent. Pas seulement au rythme des actions, mais aussi de la musique que distille des haut-parleurs. Les exercices d’animation qui succèdent aux deux parties captivent encre plus l’attention. Il met en scène les membres du camp et parfois des spectateurs.
Le skill challenge est le premier d’entre eux C’est une épreuve de rapidité avec le ballon. Deux athlètes sont placés de part et d’autre du terrain, sur la ligne de fond. Ils doivent dribbler, passer le ballon entre les jambes plusieurs fois, s’arrêter, viser la chaise-obstacle avec le ballon. S’ils la déplacent, ils ont le droit de continuer avec le ballon et aller faire un lay up du côté du panier opposé. Lorsque celui-ci est accordé, ils font un dribble de contre-attaque pour aller faire un tir à trois points sur l‘autre anneau.

Le Dunk est le deuxième concours. Il est réservé aux garçons. Il sert à développer la détente de chaque athlète. On part de 8 dribbles pour effectuer ne détente bien sèche lors du dernier et dunker en s’accrochant à l’anneau. Un technicien précise qu’il requiert beaucoup de puissance dans les jambes, la détente et les abdos. Il y a aussi les dunks sur les 6 mètres 75. C’est le dernier des concours programmés.
Satisfaction
Les participants au camp sont invités à se rapprocher. Ils forment un arc de cercle autour de ceux qui concourent. « Le basket, c’est d’abord la communion entre les jeunes. On a besoin de cette chaleur de tous les participants pour communiquer cette joie de vivre à leurs camarades qui sont en train de concourir. Ils les encouragent », fait savoir l’encadreur Michael Ndibang Mahama.

Le camp Vision C est une belle opportunité pour eux qui y prennent part. C’est un facteur de progression pour certains. « C’est la première fois que je participe au camp Vision C. J’ai beaucoup travaillé, beaucoup appris. J’ai beaucoup évolué. J’ai pu travailler la défense, les cross, le shoot. Ce camp peut propulser ma carrière », réagit Anoushka Nguewa, ailière de 17 ans. Bien qu’éprouvé physiquement, l’autre nouveau Joakim Léopold Nlate Ebale en redemande. « Je me suis senti à l’aise. Je tirais beaucoup. Je me sentais libre sur les mouvements. J’ai réussi deux paniers et manqué trois. Mon corps fait mal à cause des nombreux efforts physiques. Mais je suis très content de participer pour la première fois au camp Vision C. j’espère revenir et m’améliorer encore », souhaite le meneur de 14 ans. Le futur inscrit en classes de première au lycée général Leclerc à Yaoundé est bien conscient que le rêve d’une carrière dans le basket-ball professionnel peut se briser. C’est ce que se sont évertués à rappeler à lui et à ses 99 camarades 5 heures durant des intervenants, le 7 Août 2026 au K Hotel, une propriété du Groupe Kadji.
Reconversion
« Certes c’est un camp de basket, mais à la base, c’est un camp éducationnel. On montre qu’avec la balle de basket, tu peux arriver à tout endroit. Je pratiquais le basket, mais maintenant, je suis coach. Et avant ça, j’ai fait dans l’immobilier. C’est pour montrer aux jeunes qu’on peut utiliser le ballon de basket pour aboutir à des fins totalement différentes que d’être professionnel. Parce que la réalité des faits, c’est que peu d’entre eux auront cette opportunité d’être professionnel au très haut niveau. A un moment donné on va devoir pivoter. Le but du camp est de les éduquer, de leur montrer que le monde est vaste au-delà du basket, que beaucoup d’opportunités peuvent être créées par le basket », argumente Steve Tchiengang. Il ne manque pas de rappeler que seulement 1% des effectifs d’une promotion de jeunes basketteurs devient basketteur professionnel.

Robert Mbenoun, un des coaches appelés à parler aux jeunes basketteurs conte son histoire. Basketteur parti aux Etats-Unis pour étudier, il s’est servi du basket-ball pour réussir ses études dans le domaine aérospatial. « J’ai eu la chance de partir aux Etats-Unis, faire de grandes études. Le basket et de jouer au basket. Je ne suis as joueur de NBA. Le basket a juste aidé à m’amener là où je suis aujourd’hui. J’ai utilisé le basket pour faire de grandes études. Mon rêve était de jouer en NBA. Je n’y suis pas arrivé, mais j’ai fait de grandes études », se réjouit le natif de Yaoundé. Aujourd’hui inscrit en thèse, il continue à évoluer dans l’univers du basket-ball aux Etats-Unis en tant qu’entraineur.
La causerie éducative est l’occasion de suggérer aux jeunes sportifs les comportements à adopter pour réussir leur vie. On leur propose des alternatives à une carrière dans l’activité choisie. Comme par exemple une orientation vers les métiers de l’agriculture, présentée comme un secteur professionnel encore en friches. Loan Phanael Obele Mbimbo, âgé de 15 ans, ne se pose plus de questions. L’élève du collège Vogt à Yaoundé, a déjà son plan B. « J’ai un plan dans ma vie qui est devenir basketteur professionnel. Si je ne le deviens pas, ce ne sera pas un drame. Cela peut être un échec dont je vais me relever. Ce qui est sûr, c’est que si je ne deviens pas basketteur professionnel, je serai autour du basket pour partager ma passion et donner l’opportunité aux petits frères de réaliser leur rêve », dévoile l’adolescent.


