Récent champion avec le club Rahimo FC de Bobo-Dioulasso, le technicien réputé a commenté sa première saison dans le pays chez nos confrères du groupe de presse Sidwaya.
Mauril Njoya Messack vient encore de faire honneur à sa réputation. Après la Mauritanie et la Côte d’Ivoire, c’est au Burkina Faso que l’entraineur camerounais hisse un club de football au sommet. Le finaliste de la Coupe de la CAF en 2014 a conduit Rahimo FC au sacre en championnat cette saison. Le champion du Faso Foot Ligue 1 est le Rahimo FC de Bobo-Dioulasso. Personne n’avait vu venir le club fondé par l’ancien footballeur international burkinabé Rahim Ouédraogo.
« Je vais toujours le répéter. Lorsque je suis arrivé à Rahimo FC, l’objectif d’être champion ne figurait pas dans la mission qui m’a été assignée. L’objectif était de faire progresser le niveau des jeunes. « Quand vous faites progresser les jeunes les résultats suivent », ce sont les mots du président. Je crois que le déclic est venu du dernier match de la phase aller quand nous avons terminé en tête de classement. C’était contre l’ASFB. A la fin du match, le président Rahim Ouédraogo nous a réunis pour demander si nous estimons pouvoir être champions.
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Et que si nous le pensions, il serait avec nous, il allait nous accompagner. Les garçons ont tous répondu, nous voulons être champions ; nous serons champions. C’est en ce moment que le déclic est venu. Nous n’avons jamais affirmé que nous allions être champions. Même à 4 journées de la fin je continuais à dire à la presse que nous ne sommes pas encore champions. S’il nous est donné de l’être nous ne cracherons pas dessus parce que notre objectif c’est la formation.
Rahim Ouédraogo, fondateur du Rahimo FC de Bobo-Dioulasso
Je crois que nous sommes toujours sur cette ligne de formation. Toutefois j’avais promis au président que si j’arrive à conduire l’équipe sur le podium, de compter sur moi pour emmener l’équipe à être champion. C’est cette promesse qui a été tenue. », révèle Njoya Messack dans une interview publiée sur le site web du groupe de presse Sidwaya le 26 Mai. Le technicien camerounais dit beaucoup de bien du pays qui l’accueille en ce moment.
« Le Burkina Faso, je l’ai gardé dans mon cœur depuis les années 1980 sur le plan politique et historique. J’ai toujours souhaité découvrir ce pays. Dès lors que j’ai eu l’invitation du président Rahim Ouédraogo, à venir regarder la Coupe nationale et échanger avec lui, pour que si possible nous travaillions ensemble, je n’ai pas hésité un seul instant. », renseigne le coach.
« Depuis mon arrivée sur le sol du pays des Hommes intègres, j’ai remarqué que le Burkinabè est très accueillant, gentil, convivial. J’ai aussi remarqué que notre fondateur, Rahim Ouédraogo, est exceptionnellement généreux. C’est un monsieur que tout entraineur aimerait travailler avec. Il n’y a pas grand-chose côté négatif. Comme vous le savez, partout dans le monde, il y a des brebis galeuses. Vous ne pouvez pas citer quelque chose de négatif et croire que c’est la spécificité d’un pays », relativise Njoya Messack. Il décrie cependant un type de faits qui se produisent dans les stades burkinabe.
« La magie dans le football »… « quelque chose à bannir »
« Toutefois, je voulais m’insurger contre ce qui a cours dans le championnat. C’est la croyance en la magie dans le football. Je pense que c’est quelque chose à bannir et que la Fédération devrait sévir. C’est vrai que cela fait partie du patrimoine que nous ont légué nos ancêtres. On peut la pratiquer. Mais à les exposer au grand jour lors des matchs, contribue à traumatiser les joueurs. Le comble est que nous les entraineurs entérinons ces pratiques »., dénonce le Camerounais.
Mauril Njoya Messack est professeur certifié d’éducation physique et sportive. Il possède un DEA en psychologie du sport, un diplôme d’entraineur de football professionnel, un diplôme supérieur de préparation physique délivré par la FIFA et une licence A CAF.
Il a servi au sein de ce qui s’appelait École de Football des Brasseries du Cameroun (EFBC) à l’époque où Gérémi Njitap, Achille Webo, Daniel Ngom Komé y faisaient leurs classes.
Son palmarès affiche :
– un titre de champion de Côte d’ivoire avec le Séwé Sport de San Pedro en 2012 et une Supercoupe gagnée la même année avec le même club.
– une Coupe nationale gagnée avec le Séwé Sport en 2015
– deux titres de champion de Mauritanie gagnés avec le FC Nouadhibou en 2013 et 2014
– Njoya Messack a conduit le Séwé Sport à la finale de la Coupe de la Confédération en 2014
– Il a été élu meilleur entraîneur de l’année en Mauritanie en 2014 et 2018


