Dans son podcast consacré à la Coupe du Monde et diffusé sur YouTube, l’ancien footballeur international camerounais analyse la dernière prestation de la Côte d’ivoire, battue lors de son deuxième match de poule de la Coupe du Monde par l’Allemagne (2-1). Pour lui cette défaite est loin de compromettre les chances de qualification des Eléphants au deuxième tour.
Deuxième journée des matches de la Coupe du Monde 2026, 6 des 10 équipes Africaines ont joué en ce lundi 22 juin. Il y a une excellente nouvelle : la qualification de l’Egypte qui remporte sa première victoire en Coupe du Monde. Il y a une nouvelle sans doute bonne : le Cap Vert qui réussit à faire 2-2 avec l’Uruguay. Il y a une nouvelle beaucoup moins bonne avec la Tunisie qui continue son naufrage avec une défaite 4 à 0. Son élimination est assurée. Et puis, il y a la Côte d’ivoire. Défaite 1 contre 2 après avoir mené pendant une heure de jeu. Des commentaires dans tous les sens partout dans les plateformes digitales en Afrique. Mais je vais commencer par ce que vous disiez avant le match. Vous aviez déjà envisagé, du moins de votre point de vue, que ce match pourrait être perdu et ce ne serait pas un scandale. Après avoir vu le match, qu’est-ce ce que cous en pensez ?
Ce n’est pas un scandale. Je sais que les Africains en général, c’est la victoire ou rien. Mais le foot, ce n’est pas comme ça. Ce n’est pas la victoire ou rien. Quand on y va, on sait qu’on peut perdre. Et là, ce match-là, il fallait déjà savoir que pour aussi excitant qu’il soit, il n’était pas décisif. Il n’allait pas condamner irrémédiablement une équipe. Il se trouve que c’est la Cote d’Ivoire qui a perdu. On a d’autant plus de regrets qu’elle a mené et que sur le plan du jeu, elle a montré beaucoup de choses. Elle a eu des possibilités même à un but partout de mener encore 2-1. Cela donne des regrets, mais c’est ça le foot. Au foot, on ne transforme pas toutes ses occasions. On profite des erreurs de l‘adversaire comme lui aussi profite de vos erreurs. C’est cela qui est excitant. Maintenant, évidemment quand on est l’équipe de Cote d’Ivoire, on part avec le regret de n’avoir pas fait mieux que cette défaite, de n’avoir pas fait mieux que jouer bien. Parce qu’i y avait la possibilité. Mais l’observateur que je suis, tout en plaignant les Ivoiriens, je les comprends. Mais l’observateur que je suis, je me dis que quand je regarde un tel match d’une équipe Africaine, je conclus que désormais, nous avons des équipes qui peuvent jouer d’égal à égal avec les meilleurs. Elles peuvent perdre un jour et gagner le jour suivant. C’est ce qui arrive entre les meilleurs des meilleurs. Le Real ne bat pas Barcelone tous les jours, Barcelone ne bat pas Real tous les jours, mais ce sont les meilleurs. Le vrai problème qui se pose à nous quand on regarde ce match, c’est de se dire exactement comme on le dit à l’intérieur d’un match : « Ah, est-ce qu’ils vont tenir la distance ? Eh bien le problème maintenant, c’est de tenir la distance, de répéter ce genre de performance et que nous y soyons désormais habitués. Qu’on joue comme ça et on gagnera forcément plus de matches en jouant comme ça. Et surtout, on ne sera plus avant les matches, présentés comme « petits ».
En réalité, il n’y a pas de drame. Surtout que derrière, la Côte d’Ivoire joue contre Curaçao qui a certes tenu l’Equateur en échec, mais la Côte d’ivoire entrera dans ce match dans une posture de favori…
Non seulement de favori, mais il se trouve que l’autre résultat, fait que la Cote d’Ivoire est quasiment certaine de passer. La Côte d’Ivoire que nous connaissons. Il ne faut pas qu’elle nous sorte le côté noir. Mais si elle joue comme elle l’a fait sur ces deux matches là, le minimum qu’elle puisse faire sera un match nul. Mais on pense que l’Equateur qui n’a pas battu Curaçao ne battra pas l’Allemagne même si l’Allemagne s’amusait à mettre ses remplaçants. Je ne suis pas sûr ! Il a été désormais démontré que l’Equateur a calé.
Une dernière chose sur ce match. Plusieurs ont dit : « ah non, mais mentalement, les joueurs Africains et dans ce cas la Côte d’Ivoire n’a pas tenu ». Mais de votre point de vue, ce n’est pas la lecture qu’il faut avoir de ce match contre l’Allemagne…
On aime répéter certaines banalités. J’ai connu la Côte d’ivoire autrefois. On aurait pu lui reprocher le mental, mas aujourd’hui, on ne peut pas reprocher à l‘équipe de Côte d’Ivoire ce point fondamental. Qu’un joueur n’ait pas été suffisamment en confiance tout seul pour pouvoir frapper son ballon en une touche et ait voulu contrer et ait fait que la Cote d’ivoire manque l’opportunité de tirer au but parce qu’on ne sait pas s’il aurait marqué. Il lui restait le gardien en face. Et des face à face, ça se perd aussi. Ce qui n’est pas toujours une question de mental. Il aurait pu tirer en une touche, ne pas cadrer, tomber sur Neuer ou encore se faire tacler au dernier moment. Il n’a pas fait le bon choix, c’est certain. Ça peut être dû au fait qu’il n’est pas au super niveau de sa confiance. C’est possible. Mais de là à accuser les Ivoiriens sur le plan mental, non ! S’il y a quelque chose qu’on peut dire, c’est simplement qu’évidemment, beaucoup d’équipes Africaines ne sont pas composées d’une totalité de joueurs jouant à ce niveau, à cette intensité, à ce rythme-là à tous les matches de leurs championnats.


