L‘ancien attaquant, des Lions Indomptables, héros du « Mondiale 90 », a rendu un vibrant hommage au défunt lors de la célébration de son 65ème anniversaire organisé le 30 Mai à Douala par Mountain Hospitality Cameroun.
Nous avons fait une Coupe du Monde et au moins trois CAN ensemble. Quand je pense aux rires, aux victoires obtenues ensemble, aux défaites, c’est triste ! Emmanuel est un ancien milieu de terrain qui a décroché. Il a fait partie du grand Canon. Le Canon de Théophile Abéga, Thomas Nkono, Grégoire « Arantes » Mbida, Aoudou « Doudou », Emana, Il a même joué un peu avec « John », Manga Onguéné. Et quand ce Canon-là cherchait le but, on avait l’impression qu’il y avait une tempête qui passait.
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Un jour lors de la préparation d’un match contre la Tunisie comptant pour les éliminatoires de la Coupe du Monde 1990, nous sommes à Bordeaux où on doit livrer un match amical. Kundé fait une passe à « Arantes » Mbida. Celui-ci fait un contrôle orienté qui est tellement beau. A un moment donné Emmanuel alimentait les attaquants depuis l’arrière. A un moment donné je lui ai dit : « ho, on ne va pas commencer à faire ça ! Donne-lui le ballon dans les pieds.
« Après la Coupe du Monde de 1990, la FIFA, a changé des règles du jeu à cause particulièrement d’Emmanuel qui savait comment casser le rythme d’un match »
C’était un leader. A un moment, notre équipe nationale était simplement un groupe d’amis. Quel que soit là où on était, quel que soit l’adversaire qu’on avait, on avait la capacité d’amener le match à notre rythme. Et parmi les armes que nous avions, il y avait Emmanuel et Tommy. Quand on arrive à la Coupe du Monde 1990, pour casser le rythme du match, Tommy donne à Emmanuel, Emmanuel fait semblant de relancer le jeu et redonne à Tommy. Finalement, les Blancs ont dit : « Non, on arrête ça ! » Après la Coupe du Monde, on a changé les règles. A cause particulièrement d’Emmanuel qui savait comment casser le rythme d’un match. Finalement ce n’était pas le numéro 10, le milieu de terrain qui cassait le jeu. Mais il pouvait te faire gagner 5 minutes ou 7 minutes.
Côté tempérament, c’était une force tranquille. Il ne parlait pas fort. Quand il parlait, il prenait le temps. Comme s’il s’écoutait. Il avait un humour froid, mais qui vous faisait vous tenir les côtes, vous tordre de rire. Il est un de ces leaders informels qui sont là, mais qui pèsent dans l’équipe. Quand ils parlent, ils sont écoutés. Il n’a jamais fait de bruit. C’est à-dire qu’on ne parle pas d’Emmanuel comme on parle de Jo ou de Tommy. Mais il était là et avait autant d’impact que les autres leaders. S’il y avait un penalty qui pouvait le toucher quand Emmanuel était là ?
Malheureusement, il n’a pas eu la carrière professionnelle qu’il devait avoir. Il aimait tellement le pays et le Canon qu’il y a passé beaucoup d’années alors qu’il aurait pu voyager. Voilà encore un qui descend du train. Mais le train continue. Ça fait mal. On va continuer à être solidaires. Ce que je reconnais c’est qu’en 1990 on était solidaires. On a toujours du plaisir à se voir, se retrouver !


