L’ancien défenseur international camerounais s’est exprimé sur le Poste National de la CRTV le 15 Mars.
Voilà 8 ans que Benoit Assou Ekotto a mis un terme à sa carrière de footballeur professionnel. L’ancien défenseur des Lions Indomptables du Cameroun est retourné vivre dans son « village » Arras, dans le Nord de la France. Peu avant la célébration de son 42ème anniversaire, l’ex latéral gauche de Lens, Tottenham, Queen Park Rangers, Metz et Saint-Etienne s’est ouvert à nos confrères de la radio publique camerounaise. Voici de larges extraits de cet entretien diffusé dans le programme culte Sports et Rythmes du 15 Mars.
Sur son rapport au football
« J’ai fait ce choix (celui de footballeur professionnel) pour gagner ma vie. Certes, s’il y avait eu un trophée ou deux ou trois cela aurait été un plus, mais à la fin de ma carrière, le plus important c’était que j’aie pu mettre de l’argent de côté, investir et me permettre de ne pas travailler aujourd’hui et de subvenir aux besoins de ma famille. Ça c’est le plus important et quand vous réalisez ça à 34 an, je pense que vous avez réussi votre vie. Je pense qu’en tant qu’homme, le plus important est de réussir votre vie et non pas votre carrière. Et vous pouvez regarder le nombre de joueurs qui ont gagné la Champions League et qui sont malheureusement aujourd’hui ruinés par des mauvais investissements ou des choses comme ça ou les aléas de la vie. Donc sans regrets, ça a été une belle expérience. Grace à Dieu aujourd’hui, je peux profiter de mes enfants à temps plein »
Sur la sincérité du choix des binationaux pour les sélections africaines
« A 42 ans, avec plus de maturité concernant ce genre de situation que, tous les joueurs Noirs ou Africains n’ont peut-être pas cette fibre avec l’Afrique car certains ne sont jamais venus en Afrique et ne connaissent pas l’Afrique. A la limite, qu’ils aient envie de jouer pour l’Europe. Ensuite lorsqu’ils voient que ça ne va pas fonctionner, ils se tournent vers le pays d’origine. J’ai envie de vous dire que c’est un comportement d’opportunistes. C’est humain. Là où j’ai envie de mettre le doigt c’est que les fédérations devaient avoir un discours plus ferme. On ne peut pas recevoir un joueur qui a attendu jouer trois ans pour un pays européen ou peu importe pour un pays Sud-Américain et ça n’a pas fonctionné et ensuite se dit : « tiens finalement, j’ai un côté africain. Les fédérations africaines devraient être fières, respectées et respectables et dire non ! A 20 ans vous êtes assez mûrs pour faire un choix et ce n’est pas au bout de quatre ans qu’on se décide à jouer pour cette fameuse sélection de cœur »
Sur sa reconversion
« Le problème pour être consultant, c’est qu’il faut connaitre le foot et regarder le foot. C’est une chose que je ne fais pas. Ces choses-là ne m’intéressaient pas. J’avais vraiment envie de couper après ma carrière. J’ai pris huit années à me consacrer à la famille, à me reposer. Depuis peu, j’ai ouvert mon cabinet. Je suis thérapeute en relation d’aide. En gros, j’accompagne les personnes grâce à l’écoute ou au dialogue pour les aider à traverser des difficultés personnelles ou émotionnelles. C’est un travail complémentaire de celui de psychologue avec une approche centrée sur l’accompagnement, le développement des ressources de la personne. C’est quelque chose qui me plait parce que, comme vous avez pu le voir il y a des joueurs aujourd’hui en fin de carrière qui arrivent à faire dépression. Vous pouvez avoir une belle maison, tout ce que vous voulez et quand même pour vous dire que ça ne va pas bien. Mais moi de voir ces personnes en consultation, ça me permet de me dire que tout va bien dans ma vie et je suis très heureux comme ça »


