Le consultant football de Radio France Internationale réagit à la décision du jury d’appel de la Confédération Africaine de Football dans l’affaire de la finale à rebondissements de la CAN 2025.
Comment avez-vous réagi en apprenant la nouvelle de l’annulation de la victoire du Sénégal à la CAN et l’attribution de celle-ci au Maroc ?
« Je suis à moitié surpris. Je suis plutôt surpris de tous ceux qui commentent aujourd’hui et qui pour moi, n’ont pas commenté à temps. La première des choses, c’est que, oui les trois personnes qu’on accuse aujourd’hui ne se sont pas autosaisies. Ce sont les acteurs du foot qui sont allés les saisir comme ils en ont le droit. Il faut le rappeler. Tout cela est prévu, codifié. Nous devrions nous lamenter, nous plaindre, regretter, nous morfondre, faire tout ce qu’on voulait le jour de la finale.
C’est ce jour-là qu’il fallait s’indigner de la première action qu’i y a eu : celle de quitter le terrain. Et tous ceux qui ont soutenu que le Sénégal devait quitter le terrain, que c’était défendre son pays, aujourd’hui, doivent aujourd’hui mesurer les conséquences de cet acte-là qui lui-même est prévu dans les textes. Je disais à l’époque que c’était un acte anachronique. Aujourd’hui, tout le monde sait qu’une équipe qui quitte le terrain perd le match. Donc, il ne fallait pas quitter le terrain…
…Ce que vous nous dites-là aujourd’hui, c’est qu’en gros, c’est le règlement, c’est le droit qui est respecté. C’est ça ?
Voilà ! En réalité, c’est le droit qui est respecté. En revanche, la morale et le fair-play ne l‘ont pas été. Mais par qui ? Par les deux adversaires du jour ! Premièrement par les Sénégalais qui n’ont pas respecté une décision de l’arbitre et qui en cela ont excité leurs supporters qui se sont manifestés dans les tribunes et ont tout saccagé. Ensuite, le Maroc n’est pas exempt de tout reproche. Ce qu’il faut comprendre, c’est que ce jour-là, tout le monde voulait sauver la finale. Et donc, l’arbitre qui avait été rigoureux jusque-là a été un petit peu complaisant et ça nous vaut ce qui arrive aujourd’hui.
En réalité, l’arbitre après avoir sifflé le penalty n’est pas allé au point de penalty demander aux Marocains de le tirer. Lesquels Marocains ne sont pas allés tirer leur penalty pour faire constater l’absence des Sénégalais. On a patienté jusqu’à ce que les Sénégalais soient revenus. Et là, on a commis une petite faute d’humanisme en disant : « il faut les comprendre ». Aujourd’hui, nous tous on peut parler, mais on ne sait pas ce que l’arbitre a mis dans son rapport. C’est sur la base du rapport et de la requête des uns et des autres…
…Joseph Antoine, ce matin (le 18 Mars) sur RFI on entendait Claude Leroy, l‘ancien sélectionneur du Cameroun et du Sénégal notamment dans une colère noire. Il cible directement le président de la CAF. Est-ce qu’il y a quelque chose de pourri au royaume de la CAF ? Est-ce que vous partagez son analyse ?
Non. On a beaucoup de choses à reprocher à la CAF. Mais il faut toujours garder de la lucidité! Ce n’est parce qu’un garçon a manqué un but que lorsqu’il est accroché, vous direz qu’il n’y a pas penalty sur lui parce qu’l nous a déjà raté trois buts ! Sur ce qui s’est passé, il faut rappeler que ce même Claude Leroy est celui qui disait à Sadio Mané : « non, il faut revenir jouer ». Pourquoi faut-il revenir jouer si les Sénégalais ont raison ? Ils ne peuvent pas avoir raison deux fois ! Ils ne peuvent pas avoir raison quand ils quittent le terrain et avoir raison quand ils y reviennent !
Le dossier va maintenant quitter l’Afrique direction le Tribunal Arbitral du Sport à Lausanne. Est-ce qu’il faut encore attendre un rebondissement ?
Ce sera n’importe comment un rebondissement. Si c’est une confirmation, ça en sera toujours un ! Mais en réalité, ce qui compte le plus, c’est ce qui est marqué dans le rapport. Est-ce qu’il a été marqué que les Sénégalais ont quitté le stade pendant 20 minutes. Si c’est marqué, es Sénégalais perdront le match. Si ce n’est pas marqué, il reste une chance aux Sénégalais de faire valoir que l’arbitre qui est le maitre du terrain les admis et les a admis dans le temps. Parce qu’il y a 15 minutes.


